Bernadotte a bien appris le suédois !

Dans la chronique du 19 mai dernier, je soulignais le caractère abusif de certaines interprétations des choix linguistiques de J.-B. Bernadotte. Le seul argument des personnes qui prétendent que Bernadotte n'a pas voulu apprendre le suédois est de dire qu'il considérait le français comme sa seule langue. La biographie de Bernadotte par Guy Mathelié-Guinlet, malgré ses imperfections qui méritent une petite chronique, nous renseigne doublement, sur l'usage du béarnais et du suédois par le roi de Suède. G. Mathelié-Guinlet, sans citer sa source, prétend que Bernadotte profère toujours en Scandinavie ses "Diu bibant !" (Dieu vivant !) lors de ses moments d'irascibilité (1) : preuve de sa "diglossie" béarnais/français. Concernant le suédois, Bernadotte fait référence à son apprentissage et à ses lacunes dans ce domaine lors d'un discours à la Diète : "Je suis parvenu, dit-il aux parlementaires, à vous servir sans parler exclusivement votre langue. Celle de l'humanité fut le nouveau code de mon devoir." (2)

J.-B. Bernadotte est bien devenu un polyglotte mais certainement pas autant qu'il l'aurait voulu. Fin de la controverse ?

P.M.-L.

1 : Guy Mathelié-Guinlet, Bernadotte, roi d'aventures du Béarn à la Suède, Pau, Pyrémonde, 2000, 136 pages. Citation de la page 128. / 2. Ibid, page 129.